Un outil de premier ordre dans létude de la parlure française du Canada



| Terme | Définition |
|---|---|
| BABICHE, |
s. f. 1° Lanière de cuir; (spêcialt) lanière de peau de chevreuil, de caribou, d'orignal, d'anguille, etc. Ex.: Coudre avec de la babiche = brédir, assembler à l'aide de lanières. ¬ Vx fr. - Babiche = petit chien barbet ; est pour barbiche. m. s. ¬ Dial. - Babiche = lèvre, Berry, Nivernais, Poitou; est une corruption de babine. ¬ Can. - La babiche est surtout ernployée dans la fabrication à domicile des soulier, sans semelle. Tirer la babiche = exercer le métier de cordonnier. ¬ Voir : Tire-la-babiche, ¬ Etym. - Elliott, après Brinton, rattache babiche au suffixe verbal algonquin bij, qui signifie attacher. D'après le P. Zacharie Lacasse, missionnaire, certaines tribus sauvages appellent une corde sisibab et une petite corde sisibabiche; comme l'accent est sur la syllabe bab, les trappeurs auraient laissé tomber les syllabes qui précèdent celle-ci, 2°Longue suite d'objets. Ex.: Il y en avait, une babiche de voitures = une longue suite de voitures. 3° Personne longue et fluette. Ex.: Est-elle grande! je n'ai jamais vu une habiche pareille. 4° Personne sans énergie, dont la démarche indique la paresse et la lâcheté. Ex.: Il n'est pas capable de dire non: c'est une babiche = c'est un homme sans énergie, incapable de prendre une décision. 5° Usurier. Ex.: Va pas emprunter de l'argent de cet homme: c'est une babiche = c'est un usurier. 6° Serrer la babiche = serrer sa ceinture. ¬ Étym. - « Lorsqu'on n'a rien à manger, on serre sa ceinture ; par ce moyen, si on n'apaise pas entièrement la faim, on la calme un peu. Je me suis toujours bien trouvé de cet expédient. Les sauvages (montagnais) connaissent cette recette et la pratiquent depuis longtemps. Ils appellent cela: serrer la babiche, et comme ils la serrent souvent, c'est bien eux qui peuvent en être les inventeurs » (Arnaud, Relatiom des missions chez les Montagnais). Ref: SPFC |